Rachida Dati, ancienne ministre, au centre d’une enquête pour corruption présumée
L’ancienne ministre de la Justice et actuelle élue parisienne se retrouve au cœur d’une affaire de corruption présumée. Le parquet national financier a décidé de franchir une étape supplémentaire dans ce dossier sensible qui implique notamment l’énergéticien Engie, anciennement connu sous le nom de GDF Suez.
Les investigations menées depuis plusieurs mois ont conduit à l’ouverture d’une information judiciaire, une procédure qui permet aux magistrats instructeurs d’approfondir leurs recherches sur des faits présumés remontant à plus d’une décennie.
Une perquisition au siège d’Engie pour faire la lumière
Les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption ont procédé à une perquisition dans les locaux du géant de l’énergie. Cette opération vise à collecter des éléments concernant des versements potentiellement irréguliers.
Selon les éléments du dossier, Rachida Dati aurait touché 299 000 euros d’honoraires de la part de GDF Suez durant la période 2010-2011, alors qu’elle siégeait au Parlement européen. Ces montants n’auraient pas été déclarés, ce que l’intéressée réfute catégoriquement.
Un arsenal de charges retenues
Le parquet national financier a ouvert une information judiciaire pour plusieurs infractions graves : corruption, trafic d’influence, détournement de fonds publics, recel et blanchiment. Toutes ces accusations sont directement liées à son mandat de parlementaire européen.
Deux juges d’instruction ont été désignés pour conduire les investigations. Leur mission consistera à déterminer si l’eurodéputée a effectivement monnayé son influence auprès des institutions européennes.
Des ramifications internationales
L’enquête préliminaire avait également exploré des pistes concernant d’éventuelles relations d’intérêts avec l’Azerbaïdjan et le Qatar. Ces connexions internationales ont attiré l’attention des magistrats financiers.
Une autre affaire de lobbying en cours
Parallèlement, Rachida Dati fait l’objet de poursuites pour corruption passive et trafic d’influence dans un dossier distinct. Elle est accusée d’avoir exercé du lobbying au Parlement européen au profit de Renault et de son ancien dirigeant Carlos Ghosn.
Cette procédure judiciaire pourrait déboucher sur un procès dans les mois à venir, ajoutant une pression supplémentaire sur l’ancienne garde des Sceaux.
Des sanctions lourdes encourues
Si les faits reprochés devaient être établis, l’élue risquerait jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 450 000 euros d’amende pour corruption passive. Une peine d’inéligibilité de cinq ans pourrait également être prononcée.
Ces sanctions marqueraient un coup d’arrêt brutal à sa carrière politique, elle qui a occupé des fonctions ministérielles sous la présidence de Nicolas Sarkozy.
Des bijoux dans le viseur des enquêteurs
La brigade financière mène également des investigations sur des soupçons de non-déclaration de bijoux. Ce volet de l’enquête vise à vérifier si l’ensemble de son patrimoine a été correctement déclaré aux autorités compétentes.
Cette dimension patrimoniale s’inscrit dans une volonté des magistrats de dresser un tableau complet des revenus et des biens de l’ancienne ministre.
Un silence assourdissant des parties concernées
Contacté par les médias, Engie a choisi de ne pas s’exprimer sur cette affaire. L’avocat de Rachida Dati n’a pas non plus réagi dans l’immédiat aux derniers développements de la procédure.
Cette affaire a été révélée grâce au travail d’investigation conjoint de France 2, de l’émission Complément d’enquête et du Nouvel Obs. Leur enquête a mis au jour des documents compromettants qui ont contribué à relancer le dossier.

